Le scénario est classique. Un salarié se plaint de douleurs aux pieds ou au dos. Le médecin du travail oriente vers un podologue. Celui-ci prescrit des semelles orthopédiques, les fabrique en cabinet, et le salarié les glisse dans ses chaussures de sécurité. Tout le monde est satisfait : le salarié est soulagé, l'employeur a répondu à sa demande, le podologue a exercé son métier.
Sauf que personne ne s'est posé une question essentielle : ces semelles orthopédiques sont-elles compatibles avec la norme EN ISO 20345 qui régit les chaussures de sécurité ? Dans la grande majorité des cas, la réponse est non. Et les conséquences peuvent être sérieuses — pour le salarié comme pour l'employeur.
Ce que la norme EN ISO 20345 exige réellement
Premier point à clarifier : ce n'est pas la semelle qui est certifiée. C'est la combinaison chaussure + semelle. La norme EN ISO 20345 impose des tests sur la chaussure de sécurité complète, incluant la première de propreté (la semelle intérieure d'origine). Lorsqu'on remplace cette première de propreté par une semelle orthopédique ou une semelle podologique, il faut prouver que cette modification ne vient pas altérer les propriétés de protection de la chaussure.
Cette preuve passe par des tests réalisés en laboratoire officiel — un organisme notifié de type CTC (Centre Technique du Cuir). Ces tests mesurent l'antistatisme, l'absorption des chocs au talon, la résistance à l'abrasion, la perméabilité, l'inflammabilité et l'épaisseur sous embout de la chaussure modifiée.
Point crucial : ce processus de certification ne peut être engagé qu'à l'initiative du fabricant de chaussures de sécurité, en collaboration avec le fabricant de semelles. Il prend plusieurs mois, coûte plusieurs milliers d'euros par modèle de chaussure, et nécessite un savoir-faire industriel spécifique. Ce n'est pas une démarche accessible à un praticien de santé exerçant en cabinet.
Pourquoi les podologues, podo-orthésistes et orthopédistes ne peuvent pas répondre à cette exigence
Lorsque l'on parle de « semelle de podologue » ou de « semelle podologique », on fait référence aux semelles orthopédiques réalisées en cabinet par un pédicure-podologue. Mais d'autres professionnels de santé prescrivent et fabriquent également des semelles orthopédiques : les podo-orthésistes (spécialistes de l'appareillage du pied, souvent rattachés à un centre de rééducation ou à un établissement hospitalier) et les orthopédistes-orthésistes (qui conçoivent des orthèses sur-mesure pour les membres inférieurs). Tous sont concernés par le même problème de conformité.
Une norme inconnue de la profession
La norme EN ISO 20345 est relativement nouvelle en France — sa version actuelle date de 2022. Elle n'est pas enseignée dans les écoles de podologie, ni dans les formations de podo-orthésistes ou d'orthopédistes. Les professionnels de santé du pied ne sont tout simplement pas sensibilisés à cette exigence normative. L'existence même de cette norme reste largement inconnue de ces corps de métier.
Ni matériaux ni savoir-faire adaptés
La fabrication d'une semelle orthopédique compatible avec la norme EN ISO 20345 exige des matériaux spécifiques — notamment des matériaux antistatiques ou à dissipation de charges contrôlée (ESD). Les podologues, podo-orthésistes et orthopédistes utilisent des matériaux destinés au traitement de pathologies podologiques (mousses thermoformées, résines, éléments correcteurs), mais qui ne sont pas conçus pour maintenir les propriétés électriques de la chaussure de sécurité. Ce savoir-faire n'est pas enseigné dans les écoles de podologie et n'est pratiqué aujourd'hui dans aucun cabinet.
Pas de vocation à certifier, pas de relation avec les fabricants
Les podologues, podo-orthésistes et orthopédistes réalisent des semelles orthopédiques selon des méthodologies propres à leur discipline. Chaque semelle est conçue individuellement pour un patient, en fonction de son examen clinique. Ces professionnels n'ont pas vocation à engager un processus de certification de plusieurs milliers d'euros pour chaque paire de semelles. D'autant plus qu'ils ne sont pas en relation avec les fabricants de chaussures de sécurité, qui sont les seuls à pouvoir initier la démarche de certification.
Ce n'est pas un reproche : c'est un constat structurel. La semelle orthopédique de cabinet et la semelle certifiée EN ISO 20345 relèvent de deux métiers différents.
Le risque concret : antistatisme, ESD et épaisseur sous embout
Insérer une semelle orthopédique non testée dans une chaussure de sécurité ne pose pas qu'un problème administratif. Les conséquences sont physiques, mesurables et potentiellement dangereuses.
Semelle antistatique et semelle anti-statique : de quoi parle-t-on ?
Une chaussure de sécurité antistatique (parfois orthographiée « anti-statique ») est conçue pour dissiper les charges électrostatiques qui s'accumulent naturellement dans le corps humain lors de la marche ou du frottement. Sa résistance électrique est comprise entre 100 kΩ et 1 GΩ. Cette propriété est essentielle dans les environnements où une décharge électrostatique pourrait provoquer une étincelle — et donc un incendie ou une explosion.
Semelle ESD : une exigence encore plus stricte
Les chaussures ESD (Electro-Static Discharge, ou décharge électrostatique) vont plus loin. Leur résistance électrique est comprise entre 100 kΩ et 35 MΩ — soit une dissipation environ dix fois plus rapide que les chaussures antistatiques. Les semelles ESD sont requises dans l'industrie électronique, l'assemblage de semi-conducteurs, les salles blanches et tous les environnements où une simple décharge pourrait détruire des composants sensibles valant parfois des milliers d'euros.
Semelle conductrice : le cas des zones ATEX
Dans les environnements les plus sensibles — zones ATEX (atmosphères explosives) que l'on retrouve dans les industries pétrolières, gazières et chimiques — les exigences sont maximales. Une semelle conductrice présente une résistance électrique inférieure à 100 kΩ, garantissant une dissipation quasi instantanée des charges. Le moindre matériau isolant inséré dans la chaussure — comme une semelle orthopédique classique — peut interrompre cette chaîne de dissipation.
Épaisseur sous embout : un risque d'écrasement
Au-delà des propriétés électriques, la norme EN ISO 20345 fixe un seuil minimum d'épaisseur sous embout : l'espace entre la semelle intérieure et la coque de protection rigide à l'avant de la chaussure. Si une semelle orthopédique est trop épaisse, elle réduit cet espace en dessous du seuil de sécurité. En cas de chute d'objet lourd sur la chaussure, les orteils du salarié ne sont plus protégés conformément à la norme. Le risque d'écrasement redevient réel, alors même que le salarié pense être protégé.
Ce que cela signifie concrètement
Pour les salariés portant des semelles orthopédiques de podologue, de podo-orthésiste ou d'orthopédiste dans leurs chaussures de sécurité, le constat est le suivant :
- Les propriétés antistatiques ou ESD de la chaussure sont potentiellement altérées — le salarié n'est plus protégé contre les décharges électrostatiques.
- L'épaisseur sous embout n'a pas été vérifiée — le salarié risque un écrasement non amorti en cas d'impact.
- Le marquage CE de la chaussure est considéré comme caduque — le salarié est réglementairement non équipé.
- En cas d'accident du travail, la responsabilité de l'employeur peut être engagée pour faute inexcusable.
Ce risque concerne aussi bien la protection individuelle du salarié que la protection collective de l'ensemble du site, notamment dans les zones où une étincelle peut provoquer un incendie ou une explosion.
Quand une chaussure non antistatique provoque un incendie
Cette vidéo, publiée en 2019, montre un travailleur équipé de chaussures non conformes (non antistatiques) dont la chaussure déclenche une étincelle au contact d'une remorque de camion. La cargaison de coton perlé s'enflamme immédiatement. Le travailleur s'en sort indemne — mais le risque est réel.
C'est exactement ce type de risque qui se pose lorsqu'une semelle orthopédique non testée interrompt la chaîne de dissipation électrostatique d'une chaussure de sécurité. Pour en savoir plus, consultez notre page dédiée à la norme EN ISO 20345.
La solution Holistep : des semelles orthopédiques qui ont passé les tests EN ISO 20345
Holistep est le seul acteur français à fabriquer des semelles orthopédiques ayant passé les tests de la norme EN ISO 20345 en laboratoire officiel. Nos semelles ont été testées avec un modèle de chaussure à la norme E-Mètre, l'un des plus exigeants du marché. Nous sommes capables de passer la certification pour des modèles à la fois antistatiques et ESD.
Deux gammes répondent aux besoins des entreprises :
- Medi'Fit — semelle orthopédique sur-mesure, dispositif médical prescrit par un podologue qui intervient directement sur site. Elle corrige les pathologies diagnostiquées (lombalgies, fasciites plantaires, déséquilibres posturaux) tout en respectant la norme EN ISO 20345. Les matériaux utilisés sont compatibles antistatiques et ESD.
- Ergo'Fit — semelle anti-fatigue préventive, fabriquée sur-mesure par impression 3D à partir d'un scan du pied via l'application Holistep 360. Pas besoin de podologue : un référent interne suffit. Les matériaux sont également compatibles antistatiques et ESD.
Une collaboration avec vos podologues existants
Vos salariés ont déjà un podologue, un podo-orthésiste ou un orthopédiste de confiance ? Holistep travaille régulièrement en collaboration avec les professionnels de santé qui suivent déjà vos équipes. Nous intégrons leurs recommandations orthopédiques dans la conception de la semelle Medi'Fit, tout en garantissant que les matériaux et l'épaisseur respectent la norme EN ISO 20345. Le salarié bénéficie ainsi du traitement orthopédique adapté à ses besoins — sans compromettre la conformité de sa chaussure de sécurité.
C'est une pratique que nous connaissons bien : elle concilie l'expertise médicale du praticien avec l'expertise normative d'Holistep. Les deux sont complémentaires, pas incompatibles.
Tableau récapitulatif : semelle de podologue vs semelle Holistep
| Critère | Semelle orthopédique de podologue | Semelle Holistep Medi'Fit |
|---|---|---|
| Correction orthopédique | Oui — sur prescription | Oui — sur prescription, podologue sur site |
| Tests EN ISO 20345 | Non — jamais testée | Oui — testée en laboratoire officiel |
| Matériaux antistatiques | Non | Oui — compatibles antistatiques et ESD |
| Épaisseur sous embout vérifiée | Non | Oui — conforme au seuil de la norme |
| Marquage CE préservé | Non — marquage CE caduque | Oui |
| Dispositif médical | Oui | Oui |
| Compatible zones ATEX | Non vérifié | Oui — semelle conductrice disponible |
| Compatible contrôles ESD | Non vérifié | Oui — matériaux à dissipation contrôlée |
| Collaboration avec le podologue du salarié | — | Oui — intégration des recommandations du praticien |
| Risque juridique pour l'employeur | Oui — faute inexcusable possible | Aucun |
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